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« Madame ne bougez pas! »

Durant ma première grossesse, j’avais 24 ans. Encore jeune et un peu naïve. Lorsque ma date « due » a passé, mon médecin m’a tout de suite cédulé un rendez-vous pour me faire provoquer. J’ai dit non je voulais plus de temps. Je voulais un accouchement naturel sans intervention de pitocin etc.. Il m’a autorisé d’attendre 10 jours. Le 10e jour, nous sommes rentrés à l’hôpital. Ils ont examiné mon col et je n’étais ni effacée, ni dilatée. Ils m’ont donc inséré un médicament pour dilater mon col, sans vraiment m’expliquer ce que ce médicament pourrait faire. Avec ce médicament j’ai eu des contractions très fortes durant toute la nuit qui duraient 45 secondes à toutes les minutes. Ils m’ont laissé dans cet état jusqu’aux petites heures du matin quand ils ont finalement voulu m’écouter quand je leur disais que c’était trop intense. Ils me l’ont enlevé 1h plus tard avec l’autorisation du médecin. Toujours rien. Aucun effacement aucune dilatation. Après quelques heures, le médecin arrive et m’examine le col à nouveau, puis sans rien me dire il insère quelque chose dans mon vagin et je sens une énorme pression puis un petit déchirement, je sursaute et l’infirmière me dit : « Madame ne bougez pas! » Il venait de me crever les eaux, sans m’avertir. Le médecin m’a ensuite dit que si le travail ne commençait pas il avait 50% de chances qu’ils doivent faire une césarienne. Puis ce fut le pitocin, toujours de plus en plus élevé. Quand mon travail commença enfin, avec le pitocin dans le tapis, mes contractions étaient très très fortes dès le début, avec la nuit que je venais de passer j’étais trop faible pour endurer la douleur j’ai donc demandé une épidurale, qu’ils ont fait rapidement, mais l’effet n’a pas duré. Quelques minutes plus tard je recommençais déjà à sentir les douleurs revenir. J’avais une envie énorme de pousser au point ou j’en criais, mais n’étant pas encore à 10 cm on me disait de me calmer. Ils ont fait le test du petit glaçon sur ma cuisse pour voir si l’épidurale fonctionnait et quand je dis ne pas sentir le petit glaçon ils m’ont dit: « Vous voyez petite madame qu’elle fonctionne l’épidurale? On va devoir vous demander de vous calmer là! »

La douleur était tellement intense, j’ai passé de 6 cm à 10 cm en moins de 15 minutes, quand c’était finalement le temps de réellement pousser ils ne m’ont pas crue, il a fallu attendre le médecin pour un examen où il a vite conclu que c’était l’heure. Quand ils m’ont dit de pousser, j’était déjà tellement épuisée. L’infirmière me répétait que je ne poussais pas comme il faut, que ce n’était pas comme ça qu’il fallait faire. Je hurlais que je ne la voulais plus à coté de moi mais personne ne m’a écoutée. J’ai finalement poussé un grand total de 12 minutes. Le shift de l’infirmière finissait à 16h elle est donc partie en plein milieu de mes poussées. Le lendemain elle est venu me voir pour me dire qu’avoir su que ça prendrait si peu de temps elle serait restée mais je poussais tellement tout croche elle pensait être là pendant des heures. Je n’ai jamais voulu remettre les pieds dans cet hôpital.

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