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Selon lui, la femme n’était pas censée menstruer, puisqu’elle devait être enceinte de la

En avril 2016, j’ai eu recours à un avortement dans une clinique de planning. Dans la semaine qui a suivi, j’ai eu des douleurs très intenses au point où je ne pouvais plus bouger et que ma colocataire a dû me ramener à la clinique en chaise roulante. C’est un médecin qui m’a prise en charge. Il ne m’a pas prise au sérieux, a dit que j’exagérais sûrement et que ça ne pouvait pas être pire que des douleurs menstruelles. Il a refusé de m’examiner, de me faire un papier pour justifier mon absence à l’école et au travail et de me prescrire quoi que ce soit pour la douleur. L’infirmière qui était présente m’a suggéré de revenir dans une semaine si j’avais toujours mal. La semaine suivante, je suis retournée à la même clinique parce que la douleur n’avait pas diminué. Le même médecin m’a prise en charge et il m’a montré clairement avec ses soupirs, ses roulements d’yeux et ses paroles qu’il aurait préféré que j’endure la douleur tranquillement chez moi. Après 20 minutes à essayer de le convaincre que ma douleur n’était pas normale, l’infirmière l’a pris à part pour discuter et ils sont revenus 5 minutes après. L’air exaspéré, il m’a dit de m’allonger. Une fois allongée, il a lui-même retiré ma culotte et avec ses doigts, il m’a fait un toucher vaginal brusque et douloureux SANS GANT et sans lubrifiant. Ç’a duré peut-être trois secondes, puis il m’a dit que mon vagin était normal et que je devrais rentrer chez moi. Pendant que je me rhabillais, honteuse, il a fait un commentaire sur l’état de mes poils pubiens (quelque chose par rapport à un manque d’hygiène). L’infirmière, qui était présente depuis le début du rendez-vous, a suggéré une échographie, mais le médecin a refusé. Elle a aussi proposé plusieurs autres trucs à essayer (comprimé vaginal pour détendre, antidouleurs, congé d’une semaine avec papier du médecin). Le médecin a refusé, sans donner d’explication autre que « non, tu n’as pas besoin de ça ». J’ai quitté la clinique, désemparée. En août 2018, je suis revenue à cette même clinique parce que j’avais des menstruations anormales: je saignais sans arrêt (ou presque) depuis trois mois. C’est le même médecin qu’en 2016 qui m’a prise en charge, accompagné d’une stagiaire. Je lui ai expliqué la situation et mon inquiétude, mais il ne m’a pas prise au sérieux. Cette fois, il m’a demandé si j’avais un chum. J’ai répondu que non. Il m’a demandé pourquoi je n’utilisais pas de méthode contraceptive et j’ai répondu que c’était parce que j’étais lesbienne et que dans ma situation actuelle, ce n’était pas nécessaire. Il m’a alors fait un discours sur le rôle naturel de la femme: selon lui, la femme n’était pas censée menstruer, puisqu’elle devait être enceinte de la puberté à la ménopause. Il m’a dit que si je ne voulais pas de règles abondantes, j’avais juste à me trouver un chum et à faire des enfants. Je lui ai dit que ce n’était pas possible, vu que je suis lesbienne. Il m’a répondu que j’avais juste à endurer, dans ce cas, et que de toute façon [saigner tous les jours pendant trois mois] n’était pas inquiétant, ni dérangeant pour moi. Je lui ai dit que c’était handicapant sexuellement, mais aussi, que c’était ultra inconfortable pour moi, puisque les tampons et les coupes menstruelles me font mal. Il a dit que je faisais sûrement du vaginisme. J’ai demandé ce qu’il pouvait faire pour m’aider et il m’a dit qu’il pouvait me prescrire la pilule contraceptive. J’ai expliqué que ce n’était pas une option souhaitable pour moi, puisque ça me cause des migraines. La stagiaire a proposé qu’on me fasse une échographie. Le médecin a refusé. Elle a ensuite proposé un traitement d’hormonothérapie, mais le médecin a également refusé. Quand j’ai demandé plus de détails par rapport au traitement, il a empêché la stagiaire de m’en donner. Le médecin m’a donné une prescription pour la pilule contraceptive que j’avais refusée. Puis, avant que je quitte son bureau en colère, il m’a demandé, comme s’il parlait du beau temps, si j’étais lesbienne parce que j’avais été violée étant plus jeune. Je n’ai pas répondu et je suis partie.

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