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Sans compter ce sentiment de se sentir inadéquate et infantilisée

Je ne crois pas me tromper en affirmant qu’aucune personne ne jubile à l’idée de subir (et j’utilise le mot subir volontairement) un examen gynécologique. Les moments où le visage d’une personne inconnue (ou connue) se retrouve entre vos jambes sont habituellement choisis, désirés et, surtout, fort agréables. Vous me direz « Mais ça ne se compare pas! » et vous aurez probablement raison. C’est pourquoi, lorsque la gynécologue m’a introduit le spéculum et que je me tordais de douleur, je me suis demandé la raison pour laquelle elle me posait ces questions: « Vous savez qu’un pénis en érection est plus gros qu’un spéculum lorsqu’il entre dans votre vagin? » « Est-ce que je me trompe où vous n’avez pas eu beaucoup de relations sexuelles vous ? » « Votre dernière fréquentation était vasectomisée, et vous n’avez pas mis de condom, vous savez que ça protège des ITSS? » « Vous étiez vierge avant votre relation avec cette personne dont vous m’avez parlé ? » Gynécologue Euh… Un pénis n’est pas un spéculum en métal qui m’ouvre l’intérieur avec — on va se le dire — une certaine violence. S’il s’aventure là, c’est que j’en ai envie et qu’il y a un contexte. / Je ne sais pas, c’est quoi beaucoup et c’est quoi peu? / Oui, je sais tout ça. / Non, je n’étais pas vierge. Et WTF!!! Incompréhension et malaise Je n’ai pas tout dit ça. En fait, je n’ai presque rien dit. J’étais stressée, crispée, en douleur: le spéculum me fait atrocement mal. C’est comme ça, je n’y peux rien. (Une échographie me fait un mal de chien, imaginez ceci.) Sans compter ce sentiment de se sentir inadéquate et infantilisée. Vous savez, cette vague nausée qui vous accompagne quand vous sentez que vous n’êtes pas bien. Que les phrases prononcées ont joué sur vos cordes sensibles, tout en meurtrissant votre fragilité intérieure (la physique et la psychique). La femme en question était quand même gentille, mais je crois qu’on prend trop pour acquis que les gens « vont être corrects », que « ça va passer ». Se faire rassurer, ça aide. Beaucoup. Ça n’a duré que quelques minutes, mais tout de même assez pour que je passe une journée un peu tout croche. Et que je me questionne sur ma «normalité» (pour ce que ça veut dire, on s’entend). Honnêtement, ce n’est pas évident d’aller se foutre le cul à l’air sur un bloc de métal et de cuir et de «relaxer». Surtout quand la personne qui vous demandait votre année de naissance il y a deux secondes, vous enfonce maintenant ses doigts gantés jusqu’à l’utérus. Ça manque d’humanité, de mise en contexte, de douceur. https://myriamdaguzanbernier.com/blog/2016/06/25/maltraitances-gynecologiques-speculum-et-cie-quelques-reflexions-personnelles/

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