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Je me suis sentie violée et dépossédée de mon corps, de mes émotions.

J’ai déménagé dans une nouvelle ville et je devais voir un nouveau gynécologue. J’ai le syndrome des ovaires polykystiques et donc j’ai vu plusieurs médecins pour ma santé gynécologique au cours de ma vie, donc je n’étais pas craintive. Arrivée dans la salle d’examens, une gentille infirmière m’a accueilli et m’a dit d’enlever mon pantalon et de mettre une jaquette, puis elle est partie en me disant que le médecin serait là dans 10 minutes. Le médecin est entré quelques secondes plus tard pendant que je me changeais. Il n’y avait pas de rideau et la porte de la pièce donnait directement sur la salle d’attente. Je lui ai dit que j’étais gênée, il n’a rien dit et c’est assis à son bureau. Il n’y avait nulle part où se cacher et il ne m’a pas non plus rassuré. Je me suis cachée du mieux que j’ai pu derrière la jaquette. Il m’a simplement lancé un regard condescendant. Lorsqu’il m’a demandé la raison de ma visite, je lui ai fait part que le contraceptif hormonal que j’utilisais à ce moment n’était pas adapté et que mes humeurs depuis que je le prenais avaient grandement changé. J’avais des humeurs dépressives avec idées suicidaires causées par la prise d’hormones. Il m’a répondu que ce n’étaient que des idées que je me faisais, que je n’y connais rien et que tout était correct et sous contrôle. C’était la première fois que je le rencontrais, comment aurait-il pu savoir que « tout était correct. » Il m’a coupé la parole quand je lui ai demandé de l’information sur d’autres options de contraceptions pour me dire de m’installer sur la table pour « en finir au plus vite » avec l’examen et qu’il me « laisse tranquille », pour utiliser ses mots. J’étais très mal à l’aise et j’avais les larmes aux yeux de ne pas me faire écouter alors que je voulais parler de mon état de santé et mes options de contraception. Il m’a encore lancé un regard condescendant et a roulé les yeux. À ce moment, je ne sais pas pourquoi je ne suis pas partie. Je me suis installée sur la table. Il ne m’a pas prévenu avant d’entrer le speculum, ce qui m’a fait très mal. Il n’était pas délicat et ses mouvements étaient rapides et saccadés. Quand je lui ai signifié qu’il me faisait très mal, il m’a dit d’un ton agacé que « plus je lui résisterais, plus je souffrirais » et il m’a répété que ça irait vite et qu’il pourrait me laisser tranquille après. J’ai commencé à pleurer. Il m’a ignoré et est allé s’asseoir à son bureau. Je me suis rhabillée et j’ai arrêté de pleurer. Suite à l’examen, je lui ai encore fait part que j’aurais aimé avoir des informations sur d’autres types de contraception. J’utilisais l’anneau contraceptif et j’avais une infection à chaque fois que je le mettais. Il m’a répété d’un ton agacé que l’anneau était correct, que mes options étaient que je pouvais soit prendre l’anneau en continu pour ne jamais avoir mes règles, soit prendre une pilule de prescription à chacune de mes menstruations pour contrer l’infection. Selon lui, c’étaient mes menstruations qui me donnaient l’infection. Quand j’ai insisté pour avoir des informations sur d’autres options de contraceptifs, il n’a pas répondu. Il a écrit des prescriptions, m’a dit de revenir le voir dans 6 mois pour les résultats de mon paptest. Tout au long de l’examen, il m’a fait sentir comme si j’étais une moins que rien imbécile. Il m’a parlé d’un ton condescendant du début à la fin. Il n’était pas à l’écoute et n’a répondu à aucune de mes questions. Son examen était tellement peu délicat que j’ai saigné, ce qui ne m’était jamais arrivé auparavant. Je n’ai pas pris de rendez-vous avec un autre gynécologue pendant un an suivant cette rencontre, car j’avais peur de revivre un moment comme celui-là. J’ai pleuré pendant 3 heures en suivant mon retour à la maison. Je me suis sentie violée et dépossédée de mon corps, de mes émotions.

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