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Je me sentais comme un numéro, comme un vagin dans lequel on met un spéculum sans se soucier de moi

Mon conjoint et moi sommes en processus de fertilité depuis quelques années. Déjà que le processus est difficile en raison de la charge émotive et du peu de considération de l’équipe médicale… mais bon, on s’y fait et on s’informe sur les groupes Facebook avec d’autres femmes qui suivent le même traitement afin de bien connaître le processus. Nous en sommes à l’insémination. Nous avons eu notre seconde au mois de février 2019. Nous entrons donc dans la salle en ce jour de février, avec l’infirmière qui me donne la « jaquette bleue » et me demande de m’installer sur la table d’examen. Elle m’informe que le médecin arrive sous-peu. 1 heure 30 plus tard, ce dernier entre dans la salle avec l’infirmière. Il ne me regarde pas, il ne me pose pas de question il discute seulement avec l’infirmière (de mon dossier). Il me dit de m’avancer vers le bout de la table pour m’insérer le spéculum. Je m’exécute, il l’insère, ça fait mal. Il continue de parler avec l’infirmière de tout et de rien (de sa fin de semaine et de ses collègues de travail, plus précisément de la grandeur de gants de chacun!), pendant ce temps, j’ai le spéculum qui m’ouvre le vagin et j’ai mal. Il prend son temps pour préparer l’insémination, avec les seringues et tout, pendant ce temps, j’ai le spéculum qui m’ouvre le vagin et j’ai mal! À aucun moment, il ne s’adresse à moi, il ne s’excuse pas pour la douleur, il ne prend pas en considération l’intervention qui est lourde émotivement pour mon conjoint et moi. Je tiens à préciser que normalement, les gynécologues insèrent le spéculum en dernier, juste avant de faire l’insémination. Pas dès leur entrée dans la salle. Bref, sur le coup, je suis demeurée saisie de cette intervention. Je ressentais un grand malaise sans savoir pour quelle raison. Finalement, je me suis aperçue que mon expérience m’avait presque humiliée, je me sentais comme un numéro, comme un vagin dans lequel on met un spéculum sans se soucier qu’il y ait une femme au bout… Je suis demeurée presque traumatisée suite à cette intervention. Avant chaque insémination, je vis une grande période d’angoisse, car je ne sais pas qui sera le prochain gynécologue de garde qui fera celle-ci. Je demande maintenant à l’infirmière quel médecin procédera à l’insémination. Bref, je me doute que cette histoire soit assez banale, reste que je l’ai perçu comme un geste de violence ordinaire pour lequel je ressens encore les effets négatifs.

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