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Il m’a dit d’arrêter d’exagérer

En 2004, âgée de 14 ans, je souhaitais avoir accès à la pilule contraceptive. D’emblée, on m’a fait la morale sur mon jeune âge pour être active sexuellement tout en m’exposant que l’abstinence était préférable et en me faisant une campagne de la peur sur toutes les ITSS en me présentant des images et en nommant toutes les conséquences de manière assez apeurantes. Lors de l’examen, le médecin a émis comme commentaire « tu as un bon système de lubrification ». Commentaire assez particulier à entendre pour mon âge. En 2009, à 19 ans, on a décelé des cellules cancéreuses anormales au niveau de mon col de l’utérus. J’ai donc dû aller à l’hôpital et avoir des colposcopies. Lors de ma première rencontre avec la gynécologue, celle-ci m’a demandé si j’avais déjà eu des condylomes. J’ai répondu que non. Elle a relevé sa tête du questionnaire, elle a pris une voix jugeant en me requestionnant de manière plus familière : « t’as jamais eu les condylomes?! » comme si je lui mentais. Par la suite, elle a procédé à la colposcopie, qui était extrêmement douloureuse, mais je n’ai rien dit parce que je me sentais jugée. Par la suite, elle m’a remis des mouchoirs en me disant de me nettoyer. Au final, j’ai saigné pendant 3 jours suite à cette procédure. Elle ne m’avait pas averti que je saignerais. Dans une autre rencontre de colposcopie, en 2011, avec une autre médecin (je n’ai jamais eu la même gynécologue), je suis revenue sur le sujet des saignements. On m’a répondu que j’exagérais, que ça ne devait être que des « saignottements ». J’ai cessé de parler et j’ai juste passé au travers d’un moment désagréable et douloureux pendant que la gynécologue et l’infirmière parlaient de leur fin de semaine. Dans une autre rencontre de colposcopie, en 2013, j’ai vu une gynécologue qui a procédé à une « cryothérapie ». Celle-ci, malgré sa gentillesse et sa douceur et sa communication, ne m’a pas informé de ce qui se passerait rendue chez moi. J’ai saigné énormément, j’ai des caillots brûlés, gros comme ma main qui sont ressortis de mon vagin. J’ai téléphoné à l’hôpital pour avoir des informations, mais personne n’a accepté de donner le message à la médecin. J’ai dû contacter le 911, en pleurs et en panique. Encore en 2013, j’ai eu une autre rencontre de colposcopie avec un homme gynécologue. Celui-ci m’a demandé à plusieurs reprises de « mieux m’écarter » avant de m’écarter de force lui-même, il m’a demandé de rapprocher mes fesses plus près du bord de la chaise gynécologique en me tapotant une fesse. Il m’a inséré des instruments sans m’avertir et a ensuite exigé de me relaxer et de desserrer mon vagin. Je lui ai dit qu’il me faisait vraiment mal. Il a indiqué que « c’est comme ça, tu dois être sensible à la douleur ». Il a commencé à faire la colposcopie (je décris cela comme de l’arrachage de paroi vaginale), je lui ai de nouveau dit que j’avais vraiment mal, en pleurant cette fois et il m’a dit d’arrêter d’exagérer, que ce n’est pas une procédure douloureuse. Je ne me rappelle plus quand spécifiquement, probablement en 2016-2017, j’ai demandé à mon médecin de famille pour avoir une ligature des trompes en lui nommant que je ne voulais pas d’enfant. Il a refusé de me faire une ordonnance en mentionnant que j’étais trop jeune pour ce type de procédure, que je changerais sûrement d’idée.

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