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Chaque fois qu’une infirmière ou une docteure venait vérifier si le travail avait avancé, je m

Lors de mon premier accouchement, mon travail a été provoqué. On a d’abord introduit un « cordon » imbibé d’un médicament pour faire travailler le col de mon utérus. Douze heures plus tard, le cordon n’avait pas donné le résultat attendu. On m’a donné un choix : soit je retentais un 12 heures avec un nouveau cordon (traitement hormonal), soit je choisissais le ballonnet, qui est une méthode mécanique d’ouvrir le col de l’utérus. La docteure m’a expliqué que ça serait inconfortable, surtout lors de l’insertion, mais pas douloureux. Je ne souhaitais pas revivre un autre 12 heures de contractions pour constater que le cordon avait encore échoué, ce que la docteure m’a confirmé qu’il risquait d’arriver dans mon cas. Elle recommandait le ballonnet pour faire avancer drastiquement le travail. Elle a manipulé mon col pour le forcer à ouvrir plus, ce qui était affreusement douloureux. Elle a réussi à insérer le ballonnet et l’a ensuite gonflé, c’était beaucoup plus qu’inconfortable. Elle a ensuite fait une traction vers l’extérieur pour que le ballonnet soit attiré vers l’extérieur. J’ai pleuré pendant les 3 heures où j’ai gardé le ballonnet à l’intérieur. Quand elle est revenue faire une traction pour remettre de la pression sur le col, j’ai vu des étoiles. J’ai ressenti une envie d’aller à la selle et j’étais complètement déconnectée de la réalité. Je suis allée à la salle de bain seule, où j’ai fait un choc vagal : j’ai vomi et j’ai perdu connaissance en glissant dans mon vomi. La suite des événements est floue dans ma tête, mon conjoint et les infirmières sont venus me relever et me nettoyer. Le ballonnet est sorti peu après. Mon conjoint et moi avons pleuré une partie de la nuit après cet incident. Lui a fini par s’endormir, mais pour moi le travail et les contractions continuaient, en même temps que les examens cardiaques du bébé. Je n’ai pas dormi. Le lendemain matin, la docteure est revenue me voir juste avant de terminer son chiffre. Elle m’a indiqué que c’était le moment de crever la poche des eaux. Quelques secondes plus tard, on me présentait dans le vagin un long crochet plutôt impressionnant. L’inconfort était marqué, mais la douleur était bien moins intense. Mon travail s’est arrêté peu de temps après, malgré la dose maximale d’oxytocyne qu’on m’injectait. Les contractions étaient rapprochées et de plus en plus intenses. Vingt heures plus tard, j’ai reçu l’épidurale et on m’a emmenée en salle d’opération pour une césarienne d’urgence. Mon conjoint était en larmes à me voir souffrir autant. Je m’étais complètement refermée pour me concentrer à tolérer la douleur. Chaque fois qu’une infirmière ou une docteure venait vérifier si le travail avait avancé, je me sentais comme un bétail. À un point tel que j’ai été surprise par la douceur et la gentillesse de l’anesthésiste venu faire l’épidurale. Sur le coup, j’avais rationalisé que toutes ces douleurs étaient « normales » et que toutes les femmes passaient par là. Je ne voulais pas être la patiente capricieuse et douillette qui refusait de vivre la douleur normale que toutes subissent. Après la naissance de mon fils, j’ai discuté avec une autre maman arrivée en même temps que moi pour être provoquée elle aussi. Elle n’avait pas choisi le ballonnet, mais plutôt un deuxième cordon hormonal qui avait fonctionné. Elle aussi avait vu son travail s’arrêter, mais n’avait pas souffert. Sa césarienne a été faite dans l’heure qui a suivi la mienne. J’ai alors compris que ce que j’avais vécu ne correspondait pas à l’expérience « normale » des autres mères. Pour mon prochain accouchement, j’ai déjà choisi de ne pas accoucher à cet hôpital. J’ai avisé ma nouvelle docteure que je n’avais aucun intérêt à reproduire l’expérience du travail provoqué qui finit en césarienne de toute façon. Elle m’a rassuré qu’on me fixerait un rendez-vous pour une césarienne planifiée et qu’elle était d’accord pour faire la ligature des trompes en même temps. Elle a mentionné qu’elle voulait continuer de me suivre après ma grossesse puisqu’elle soupçonne un SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) et que je devrais faire des traitements hormonaux. Elle s’est donné la peine de changer de spéculum quand elle a constaté que j’étais incapable de relaxer, plutôt que de me répéter de relâcher la tension. Un monde de différence!

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